Alexandre FREUND
Alexandre Freund naquit à Fallon dans la Haute-saône le 8 mars 1879 d’une famille originaire de Bourrignon.
Son père, marié à une française, s’était fixé dans ce petit village de France où il était employé à la fonderie avant de se mettre à son compte à Seloncourt dans le doubs. Il devait mourir assez jeune, laissant 3 enfants dont Alexandre, le cadet avait alors 9 ans .
Pour élever sa famille, la veuve dût se mettre en place. Elle servait en particulier le curé de Monteroux dans le doubs. c’est de là que l’enfant fût dirigé sur le petit séminaire de Besançon « la maîtrise » où il fit ses premières études classiques qu’il devait terminer chez les chanoines de St Maurice en Valais.
Ses maîtres ont conservé le souvenir d’un élève remarquable, doué, mais aussi passablement espiègle.
Pour répondre aux premiers désirs de sa mère, il essaya pendant un an les études théologiques au grand séminaire de Lucernes, mais il ne se sentait pas dans sa voie, aussi, abnadonna t-il pour se fixer à Délémont. Il y rejoignit sa mère qui alors se trouvait seule, l’aîné des enfants s’étant marié et la deuxième venant d’entrer au couvent des soeurs de la charité de Besançon.
Après avoir travaillé quelques temps dans l’horlogerie, il fit des travaux d’architecture en s’associant à un entrepreneur qui devait faire faillite quelques années plus tard, ce fût son premier grand déboire.
Entretemps, il se faisait à Délémont beaucoup d’amis dont il aimait rappeler le souvenir. Il était en particulier lié à l’abbé Maillard qu’il avait connu à Lucerne, à Joseph Annaheim ancien fondé de pouvoirs à la banque du jura. Avec eux et quelques autres, il fut un de ces fondateurs de l’Association catholique des jeunes gens. Les réunions avaient lieu à l’hôtel du Faucon, tenu alors par les Demoiselles Studer. C’est là qu’il fit la connaissance en 1903 de sa femme, également d’origine Suisse mais habitant en Alsace.
Alexandre a laissé chez ceux qui l’ont connu le souvenir d’une jeunesse exubérante et active. Sa grande passion était déjà la poésie mais il aimait aussi la polémique. Sous le pseudonyme de GAUTHIER SANS AVOIR il a signé dans les revues et les journaux locaux : « l’impartial du Jura » « Le pays » et « Le franc montagnard » quantité d’articles et de poèmes. Il faisait partie du Cercle conservateur qui savait utiliser sa plume facilement agressive et satirique.
Il ne devait rester que quelques années à Délémont où naquirent ses premiers enfants. Après la faillite de son associé, il vint s’établir en 1906 à Saignelégier où lui fût confié le secrétariat de mairie. De nouveaux ennuis le décidèrent à partir pour Besançon en 1909 lorsqu’un ami lui proposa la direction d’un atelier de photographie.
Mais la malchance semblait le poursuivre. Les grandes inondations de 1910 détruisirent entçèrement son matériel et l’obligèrent à renoncer à ses projets. Il devait trouver à ce moment une situation plus stable bien que fort modeste dans l’enseignement libre, mais comme il était fait appel à son dévouement, il n’hésita pas à s’engager dans cette voie qui lui interdisait pourtant tout espoir de s’enrichir. Sa foi profonde et l’amour de sa famille l’aidèrent à porter courageusement les épreuves qui furent pour ainsi dire son pain quotidien. Sa poésie en porte la marque : sous le manteau du pessimisme, elle cache une très grande confiance en la providence.
Dans l’enseignement, il occupa un premier poste à Ornans dans la charmante et poétique vallée de la Loue. Sous une apparente sévérité, il savait gagner la confiance de ses élèves et la conserver bien longtemps après la sortie de l’école.
En 1912, il fut envoyé à Grandvillars dans le Territoire de Belfort. Il y resta jusqu’à sa retraite en 1942. Entre temps, sa famille s’était considérabkelent agrandie de 8 naissances successives, charge très lourde sans doute. Mais aussi quelle joyeuse intilité dans ce foyer profondément chrétien. Trois enfants furent donnés à Dieu : l’aîné est présentement curé à Lachapelle sous Chaux et deux filles sont religieuses dans les missions du Proche-orient.
Au milieu de ses travaux de ses peines, Alexandre Freund cherchait volontiers refuge auprès de ses muses, il y trouvait l’apaisement. Son imagination l’emportait dans le monde des rêves, sa culture classique et ses nombreuses connaissances lui fournissaient de très riches aliments.
Il est resté Jurassien dans l’âme. Aussi dans les loisirs, son loisir favori était de revoir son village natal de Bourignon, le Vaubourg, le voisinage des métairies de la Haute Berne de Burgisberg et autre. C’est à Lucelles, surtout, qu’il se remémorrait les souvenirs des religieux de la célèbre abbaye.
En 1942, il se retire chez son fils prêtre avec celle qui fût sa compagne de tous les jours, qui partagea vaillamment ses épreuves et ses joies et dont l’amour lui inspira des vers pleins de charme.
Sa santé, déjà profondément altérée ne devait pas lui permettre de goûter longtemps cette retraite bien méritée. Ses dernières années furent marquées par de cruelles souffrances physiques.
La mort, qu’il ne craignait pas, devait le visiter le 17 juin 1949.
Céline CORNEILLE (Geneanet)